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Polyglobulie Primitive (Maladie de Vaquez) : Causes, Symptômes et Traitement

Publié le 17/09/2026 | Mis à jour le 17/09/2026 | Par Xavier Brun
Relu par Dr. Dumitrescu · Médecine Interne


La polyglobulie primitive, aussi appelée maladie de Vaquez, est une affection de la moelle osseuse qui fabrique trop de globules rouges. Cela peut rendre le sang plus épais. Elle est souvent liée à une mutation du gène JAK2 apparue au cours de la vie. Les signes varient d’une personne à l’autre et ne sont pas toujours présents. Seul un médecin peut confirmer le diagnostic et proposer un suivi adapté après examen et analyses.

Cette maladie appartient au groupe des néoplasies myéloprolifératives. Elle se caractérise par une production excessive de globules rouges, parfois accompagnée d’une augmentation des plaquettes ou des leucocytes. L’âge médian au diagnostic se situe autour de 60 ans, même si elle peut survenir plus tôt. Elle n’est ni héréditaire ni contagieuse.

Selon la Société Française d’Hématologie, la polyglobulie primitive résulte d’une hyperproduction de la moelle osseuse due à une protéine mutée (JAK2) qui dérégule la fabrication des cellules sanguines. Cette mutation est acquise et présente uniquement dans les cellules de la moelle et du sang.

Ce qui se passe dans la moelle osseuse

Dans la maladie de Vaquez, les cellules souches hématopoïétiques se mettent à produire des globules rouges de façon non régulée. L’érythropoïétine (EPO), l’hormone qui stimule normalement cette production, est souvent basse ou dans les valeurs basses de la normale. Cela distingue la forme primitive des polyglobulies secondaires, où l’EPO est élevée en réponse à un manque d’oxygène ou à d’autres causes.

La Cleveland Clinic explique que la mutation du gène JAK2 active en permanence les signaux de production cellulaire. Plus de 95 % des personnes concernées portent cette mutation (le plus souvent JAK2 V617F). Dans de rares cas, d’autres anomalies du même gène sont retrouvées.

La découverte de la mutation JAK2 a transformé le diagnostic. Elle permet d’identifier plus rapidement la maladie et de la différencier d’autres causes d’augmentation des globules rouges, tout en soulignant qu’un résultat biologique isolé ne constitue jamais un diagnostic à lui seul.

Les signes qui peuvent apparaître

Beaucoup de personnes découvrent la maladie lors d’une simple prise de sang, sans avoir ressenti de gêne particulière. Quand des signes existent, ils sont souvent liés à l’épaississement du sang ou à une irritation de la peau et des vaisseaux.

  • Coloration rouge permanente du visage, des paumes ou des muqueuses (érythrose)
  • Démangeaisons, surtout après un contact avec l’eau chaude (prurit aquagénique)
  • Maux de tête, vertiges, bourdonnements d’oreille ou sensation de mouches volantes
  • Fourmillements ou sensations de brûlure aux extrémités des mains et des pieds (érythromélalgie)
  • Fatigue inhabituelle ou sensation de satiété rapide si la rate est un peu augmentée de volume

Ces manifestations ne sont pas spécifiques. Elles peuvent aussi être liées à d’autres situations. Leur présence ou leur absence ne permet pas de conclure. Un médecin les interprète toujours avec l’ensemble du dossier clinique et des analyses. Pour approfondir les signes possibles, vous pouvez consulter notre page sur les symptômes de la polyglobulie.

Comment le diagnostic est envisagé

Le point de départ est souvent une numération formule sanguine qui montre un taux d’hémoglobine ou un hématocrite plus élevé que prévu. Les valeurs de référence varient selon les laboratoires et doivent toujours être interprétées par un professionnel de santé dans le contexte global de la personne.

Selon Orphanet, le diagnostic s’appuie sur l’association d’une augmentation de la masse érythrocytaire, de la mutation JAK2 et, le cas échéant, d’une biopsie médullaire montrant une hyperplasie des trois lignées. Le dosage de l’érythropoïétine et l’élimination des causes secondaires font partie de la démarche.

Le médecin peut aussi rechercher d’autres éléments, comme une élévation des plaquettes ou des leucocytes, ou une augmentation du volume de la rate. Les tendances observées sur plusieurs examens comptent davantage qu’un résultat isolé. Un changement par rapport aux valeurs habituelles de la personne peut également attirer l’attention.

Pour mieux comprendre les étapes, vous pouvez lire notre article sur le diagnostic de la polyglobulie.

Les approches de prise en charge

L’objectif principal est de réduire le risque de complications liées à l’épaississement du sang, notamment les événements thrombotiques, tout en soulageant les symptômes éventuels. Le traitement est adapté à chaque situation : âge, antécédents, tolérance et évolution des analyses.

La saignée thérapeutique (phlébotomie) est souvent utilisée en premier pour diminuer rapidement le volume de globules rouges. Des traitements médicamenteux visant à freiner la production médullaire peuvent être proposés, notamment chez les personnes de plus de 60 ans ou ayant déjà présenté une thrombose. L’aspirine à faible dose est fréquemment associée, sauf contre-indication, pour limiter le risque de caillots.

La Cleveland Clinic rappelle que la prise en charge vise à contrôler les symptômes et à diminuer les complications. Aucun traitement ne garantit la disparition définitive de la maladie, qui est considérée comme chronique. Le suivi régulier permet d’ajuster les interventions au fil du temps.

Des options comme l’interféron ou des inhibiteurs de JAK peuvent être envisagées selon le profil de la personne et la réponse aux premiers traitements. Toute décision thérapeutique relève exclusivement du médecin hématologue.

Pour plus de détails sur les options, consultez notre page dédiée au traitement de la polyglobulie.

Risques associés et surveillance

L’excès de globules rouges peut favoriser la formation de caillots dans les veines ou les artères. Ce risque est particulièrement surveillé. Une élévation des plaquettes peut parfois s’accompagner d’un risque hémorragique paradoxal. À long terme, une évolution vers une myélofibrose ou, plus rarement, une leucémie aiguë reste possible, mais ces transformations ne concernent qu’une minorité de personnes.

Le suivi comprend des analyses de sang régulières, le contrôle des facteurs de risque cardiovasculaire (tension, cholestérol, tabac, poids) et l’écoute des symptômes. Toute modification inhabituelle (douleur, gonflement d’un membre, trouble de la vision, saignement) doit être signalée rapidement au médecin.

Vous trouverez des informations complémentaires sur le lien entre polyglobulie et risque de thrombose.

Quand parler à un professionnel de santé

Une élévation isolée de l’hémoglobine ou de l’hématocrite sur un bilan de routine mérite une discussion avec le médecin traitant. Celui-ci pourra décider s’il est utile de répéter l’examen, de rechercher la mutation JAK2 ou d’adresser vers un hématologue. Les signes comme un prurit après la douche, une rougeur persistante du visage ou des maux de tête inhabituels peuvent aussi motiver une consultation, sans pour autant indiquer automatiquement la maladie.

Le médecin interprète toujours les résultats dans le contexte complet : antécédents, examens cliniques, éventuels facteurs de risque et évolution dans le temps. Un seul chiffre hors des valeurs habituelles du laboratoire n’est jamais suffisant pour poser un diagnostic.

La polyglobulie primitive s’inscrit dans un continuum de maladies de la moelle osseuse. Elle partage certains mécanismes avec la thrombocytémie essentielle, une autre néoplasie myéloproliférative. Le suivi spécialisé permet d’adapter la prise en charge à chaque étape de la vie.

Vivre avec cette maladie implique souvent un suivi au long cours, mais de nombreuses personnes mènent une existence active grâce à un traitement bien conduit et à une surveillance attentive. Les informations présentées ici sont générales et ne remplacent en aucun cas un avis médical personnalisé.

Questions fréquentes

Voici des réponses à des questions souvent posées sur la polyglobulie primitive.

La maladie de Vaquez est-elle un cancer du sang ?

Oui, elle est classée parmi les néoplasies myéloprolifératives, une forme de cancer du sang d’évolution généralement lente. Elle se distingue des leucémies aiguës par son caractère chronique. Le suivi médical permet de contrôler la production excessive de cellules et de limiter les complications.

La mutation JAK2 est-elle héréditaire ?

Non. La mutation JAK2 responsable de la polyglobulie primitive est acquise au cours de la vie. Elle n’est présente que dans les cellules de la moelle osseuse et du sang. Elle n’est donc pas transmise aux enfants.

Peut-on guérir définitivement de la maladie de Vaquez ?

Il n’existe pas actuellement de traitement qui fasse disparaître définitivement la maladie. Les approches disponibles visent à contrôler les symptômes, à maintenir l’hématocrite dans une zone cible et à réduire le risque de complications. Le suivi régulier permet d’adapter la prise en charge dans le temps.

Les saignées sont-elles obligatoires toute la vie ?

Pas forcément. Certaines personnes ont besoin de saignées régulières, d’autres voient leur besoin diminuer grâce à un traitement médicamenteux. La fréquence est déterminée par le médecin en fonction des analyses et de la tolérance individuelle.

Références

  1. Société Française d’Hématologie – Information patient polyglobulie primitive (maladie de Vaquez)
  2. Cleveland Clinic – Polycythemia Vera
  3. Orphanet – Polyglobulie de Vaquez
  4. Cleveland Clinic – Causes and treatment of polycythemia vera
  5. Société Française d’Hématologie – Fiche d’information patient
  6. Orphanet – Étiologie et prise en charge de la polyglobulie de Vaquez

Relecture médicale

Cet article a été relu et validé par Dr. Dumitrescu (MD), médecin spécialiste en Médecine Interne exerçant en Belgique, afin de garantir l'exactitude des informations présentées.

Dernière révision médicale : 17/09/2026